May 04, 2016

"L’immonde hisse…"


Vagues bouffées de pestilence
qui préfigurent
aux alentours la putrescence
d’un tas d’ordures.
Puis là, soudain, vautrée par terre,
cette poubelle
éventrée versant ses viscères
obscènes, telle
vomissant par sa gueule obscure
des immondices
digérées, une créature
sur des abysses
accroupie, au bord du trottoir
qui bée en face
son large et graisseux fossé noir
– où que l’on passe !

April 08, 2016

"Ras le bol…"


Ma tête inclinée déborde tel un bol la soupe emplit à ras bord.
Sur la nappe les mots versés tout autour éclaboussent.
Par terre glissent nombre d’entre eux emportés par la chute.
Précipité à les coucher pleins, trop vite ai penché le bol au vide,
partout postillonnant le fluide qui y clapotait.
Et n’obscurcissent que rares jets le blanc,
des phrases belles en ma tête si bien construites à écrire
– dont le meilleur est aux égouts !

April 02, 2016

"Ouverture prochaine…"


Quel bourdon premier
s’enivrera dès ouvert
l’aguichant périanthe ?

March 25, 2016

"Hyperthermie vernale…"

Quand des jupes aromales
Monte dans l’air immobile
L’invitation des nubiles
À l’ivresse de l’escale,

Bas dans le ciel des languides
Se rue le vol des insectes :
Raidissant pour la collecte
Leurs zélées trompes avides ;

Leurs ailes épileptiques
Mixant senteurs et soupirs
Tels des fouets électriques ;

Finissant par s’assouvir
Dans un mutisme pudique
Dérobant l’acte extatique.


December 12, 2015

November 08, 2015

"Turgescence…"



Museau dans la source
laper la pourpre au calice
enflant sous la langue.

November 01, 2015

"Vigilance…"

Les eaux lisses sont invisibles,
à leur place un reflet paresse
en chaque gemme enchanteresse
d’un mimétisme marcescible.

Les arbres frissonnants épanchent
quelques ondées de papillons
allant conclure en tourbillon
leur bref périple d’avalanche.

Là-haut, gris et bleus métalliques
coulent la chape magnétique
d’une voûte d’acier trempé.

La nature se pelotonne
sous la pelisse de l’automne ;
et je reste dehors, vampé !

October 02, 2015

"Décidu…"

De l’écume grise des toisons
en transhumances orageuses
galvanisant les prés bleus ;
de l’éclipse totale
chaque jour effarouché plus tôt
pour autant de champs libre à la nuit
qui elle n’a peur de rien ;
des souffles fraîchissant qui s’enhardissent
et insinuent partout à tâtons
leurs mains froides en quête de frissons ;
des oiseaux prêts à appareiller
qui toutes plumes dehors
tournent leurs poupes becquetant
vers de moins tristes tropiques
– le temps est venu :
d’amorcer son repli ;
de s’endormir ;
d’apaiser son cœur et de le ralentir ;
de réserver son sang à ses membres enfouis ;
de secouer sa tête ;
de se dépouiller ;
d’ébouriffer sa chevelure marcescente,
d’y réveiller les papillons alanguis ;
d’offrir aux tourbillons qui s’impatientent
des nuées d’ailes mordorées !