December 24, 2014

"Froid des forêts…"


Clignotent guirlandes
grelottantes des caduques
jouant à sapin !

December 12, 2014

"Papier de soi…"


Je ne suis pas une chandelle
brûlant par les deux bouts mes ailes :
la flamme est dans mon ventre,
elle en dévore le centre.
Et le trou s’agrandit
au rythme de l’incendie
comme le feu engendre
davantage de cendre
et de vide polycopié
à l’endroit du papier ;
scinde le rectangle
et en égare les angles
aux confins de la bande,
tandis que la pendule scande,
oscillant entre nécrologie
d’un côté et de l’autre la nostalgie,
chaque tic du temps qui passe,
chaque tac de celui qui ressasse.
Jusqu’en fin de partie en fumée,
lorsque seront consumées
mes moitiés – les deux en même temps,
et chacune orpheline pourtant !

December 02, 2014

"Saveurs caduques…"


Au temps des décors momifiés
s’ouvrent les rideaux ramifiés
tombant enluminer la terre ;
abandonnant aux courants d’air
leurs nuages de sauterelles
au pointillisme à tire d’aile :
constellation sur soie sonore
de bruissements multicolores ;
avant la meule des piétons
qui les broiera, tels ces bonbons
que l’on essaie tant bien que mal
de garder sous sa langue étale,
mais que fatalement l’on croque
pour à nouveau jouir de ce choc,
lorsque jaillit des friandises
l’épais sirop de la surprise !

November 23, 2014

"Le froid sait…"


Déclin de saison
inspirée : le sol jonché
de feuilles froissées.

November 14, 2014

"Lents vers du décor…"


À l’extrémité de la tige
où tu pends sans défense,
ton soleil a froid et condense,
les nuages se figent.

Le bout d’un souffle te balance,
te donne le vertige
à l’extrémité de la tige
le roulis de ta danse.

Comme tu regardes à l’envers
le sol qui dodeline,
dans ses profondeurs tu devines
s’animer d’autres vers.

Qui rampent à toi et lancinent
et t’attendent en terre,
comme tu regardes à l’envers
vers ta mise en sourdine.

November 11, 2014

"Écarte-heures…"


Ton âme a élu domicile
dans ce moment de ta jeunesse 
tu étais encor gracile 
et te brûlais avec ivresse ; 

dissociant ta vie en deux temps : 
celui de l’érosion du corps ; 
celui de l’esprit n’acceptant 
pas l’aliénation d’un tel sort. 

Et depuis, la rivalité
de ce couple mal assorti
n’a cessé de te déliter ; 

ta moitié fraîche à l’intérieur 
s’éloigner de l’autre partie
se desséchant à l’extérieur !

November 09, 2014

"Jeune et pâle temps…"

Le temps t’aliène à son errance vers demain,
à sens unique, aucun arrêt, par un chemin
dont il hasarde le tracé au gré du vent
de dos qui t’agrippe et te propulse en avant ;
à jamais confiné sur le fil d’un couteau
dans le présent infra-mince, dont le biseau
creuse le futur, évacuant le passé.
Derrière toi s’enfuient les fourches dépassées.
Devant, la route est invisible. En plein brouillard
tu fonces à tombeau ouvert dans un corbillard
tous feux éteints. Dans ton rétroviseur voyage
le tunnel perçant la brume dans ton sillage,
s’effondrant vite à mesure que tu avances ;
tout au bout, les parages perdent leur substance,
se dissolvent dans l’oubli. Quand ton pare-brise
ne montre qu’écran de fumée, où la surprise
guette de l’obstacle dû et toujours brutal,
depuis longtemps dressé à mettre un point fatal
à ta course folle, à cette interrogation
ultime et pétrifiante comme une obsession,
face à l’inconnu de l’échéance en attente :
est-elle encore à venir, déjà imminente ?

October 25, 2014

"L’enclos-porte…"


Sur le chemin mille fois parcouru, 
parmi les accidents, les préjudices,
tu traques
tête basse les indices
qui débusqueraient une idée recrûe ;
 
tu fouilles sous les replis advenus,
sur les traces
d’antécédents auspices
dont te souviens encor
des vents propices
t
e ballottant par des mers inconnues,
 
vers cette porte de l’inspiration
claustrant à double tour le souffle d’air
indispensable à ta respiration ;
 
qui ne cède guère à l’anhélation
sifflante de tes suçoirs à éther
qu’au dernier spasme de suffocation.