April 12, 2014

"Règle de trois…"


Sur un drap sinople
fripées vers se déplier 
trois gouttes de feu

Triplés dans le ventre 
brun près de perdre les eaux 
de trois cœurs éclos

Boutons à défaire
en trois points épanouir
fleurs de suspension

Triple homicide 
à injecter le blanc d’œil
avec un sang neuf

April 05, 2014

"Caillot blotti…"



Bilieuse albumine sous l’os :
résolus de coaguler
à l’issue de rouler leur bosse
par vents qui les ont brûlés,

les mots de tête embarrassée
vont en transit mis hors circuit
caillebotter, se défausser
de fuir la touffeur qui les cuit ;

vers l’étranglement du cerveau
à déglutir l’âcre thrombose
calaminant son écheveau ;

sans illusion d’un antidote
à l’air de mucoviscidose
qu’
éraille l’âme en fausses notes.

March 21, 2014

February 22, 2014

"L’os suaire…"


En épine érection
tandis qu’elle pénètre
déchire l’air jamais
question de fluidité

Que pas plus l’aiguillon
inondant le liquide
ne parvient à percer
question ductilité

Comme l’aigu crayon
crisse haut-fond de crâne
s’échoue à l’entamer
question posée aux fées

February 07, 2014

"Vent debout…"


Allongé dans la chambre obscure,
dos fripé par le drap fronçant,
j’imagine au plafond absent
des utopies que rien n’augure.

Je m’agace au ressac du vent :
ses déferlantes des vallées
venues vomir sur le volet
pareil tumulte qu’océan,
briser aux bancs de mon cerveau
leurs lancinants rouleaux sonores,
haleter sur les champs de pores
leur haleine mouillant ma peau.

Je voudrais m’endormir, à bout,
pourtant les remous m’en empêchent
de mon souffle ajoutant ses flèches
aux décochées du vent debout.

January 31, 2014

"Germe d’emblée…"


Acier, métal hurlant, limpide
défi aux muscles, infrangible :
à la merci d’un sol humide
et gras, se montre corruptible
à l’appétit de la rouille, se délite,
se résout en un compost silurien,
regagnant, à mesure qu’infectent
ses atomes, l’utérus tellurien.

Quand la discrète graine,
semée en pâture volatile
par le tourbillon qui l’entraîne
dans la même boue fertile,
s’y épanouit jusqu’à la place
arborer le torse indéchiffrable
où contracte les saisons qui passent
un myocarde inoxydable.

January 28, 2014

"Peau aime…"


Mot se pâme
timide
            effleurant
son terme glacé
la peau nue de l’âme
            l’amenant
frissonner

January 20, 2014

"Tard mine…"


Parmi mes amours de jeunesse
Peu ont réchappé de l’oubli
L’âge ayant vite dépoli
Le satiné de leurs promesses

D’autres émois ont remplacé
Ceux que j’ai cru définitifs
L’âme opère un tri sélectif
Dans les souvenirs enlacés

Il en demeure pourtant un
Immunisé du sort commun
Fossilisant dans ma mémoire

Un cher fantôme languissant
Dont l’arrière-goût caressant
Hante mes nuits masturbatoires

January 17, 2014

"Pendule air…"


Côté face efface pile :
tu avances puis retournes
sur tes pas dans cette ville
fantôme où ton cœur séjourne.

Tour à droite suit à gauche :
tu dérapes puis reviens
dans les degrés où s’accroche
la rampe qui te retient.

Au tréfonds répond l’en haut :
tu t’immerges puis remontes
à l’air libre inscrire en faux
les signes qui te racontent.

Chaque tic implique un tac :
à la cadence étreignant
ta tête entre les mains, claque
le clair-obscur te cognant.

January 11, 2014

"D’eau au mur…"


L’insolente cascade effondre
sans répit sa barre lactée
sur la nuit tombée à ses pieds.
À genoux devant cet autel,
tu crois tenir la récompense
de t’abreuver jusqu’à la lie
à la fontaine jacassante ;
sous la chute joignant en coupe
tes mains pour recueillir l’eau fraîche
et enfin te désaltérer.
Mais le débit est si intense
que l’avalanche rebondit
sur tes stigmates violacés,
vaporisant le froid liquide
en une brume insaisissable.
Et tu as beau persévérer,
rien ne change, pas une larme
ne ruisselle au fond du cratère.
Alors, pour étancher ta soif,
tu dois te résoudre à lécher,
au bout de tes doigts engourdis,
une moiteur étincelante.