September 27, 2016

"Envolées plumes, feuilles mourantes…"

Terme de l’été. Novice oiseau est mué. Jetée sa terne et hirsute barboteuse ! Il arbore désormais un tout neuf bel habit dont fièrement déploie la cape irisée – magnifique ! Est temps pour lui de quitter la feuillée : au bord du nid se percher, saisir le bras du vent, faire le grand plongeon. Quand de sa branche il se détache, embarque l’oiseau sur le vol inaugural de sa ligne exclusive : volée première d’un périple hasardeux jusqu’aux confins de sa vie ; pour cette belle saison qui l’a vu naître, début de l’agonie. Temps de l’inexorable étiolement des limbes, dorénavant superflus ; des feuilles surannées qui n’ont plus rien à perdre et chaque jour osent l’outrance davantage de folles tenues, plus excentriques, plus consumées toujours d’incarnats incendiaires, d’ocres brûlantes, d’ardentes mordorures : voulant chacune rivaliser avec la mise flamboyante du jeune oiseau qu’elle couvait naguère, quand sera venue l’heure à son tour de voyager, lui ressembler assez pour pouvoir le rejoindre. Mais tandis que l’oiseau enchaîne les escales, lorsque cède la feuille aux assauts du vent et de sa branche s’élance, elle n’entreprend qu’un direct aller simple qui la déposera au terminus de son bref périple !

August 19, 2016

"Floral sex…"

Le syrphe humant humide au creux du calice la perle émoustillante s’empresse vers son élue. Et fond sur l’orifice ! Pour mieux au seuil se retenir et s’exciter déjà d’un surplace enivrant de carnation et parfum sensuels ; retardant la conclusion de l’idylle suspendue au vibrato fébrile de ses ailes floues et diaphanes. Et tandis que les pales de l’inaudible hélice défient à plein régime la rémanence, et qu’elles soufflent la caresse troublante de leur haleine à rosir le gynécée sensible – la fleur soudain frissonne à la brise stationnaire, telle languissant le vibrion s’appliquant à la butiner : belle impatiente à jouir encore du cunnilingus imminent d’un nouvel amant de passage !

August 08, 2016

"Filer à la glaise…"

L’odeur me hante d’une grasse terre :
étrange fantôme qui gesticule
au fond de ma mémoire sédentaire,
où soudain je cherche des tubercules !

Comme une bête sauvage affamée
qui rôde et flaire à l’heure des esthètes
une odeur clandestine et bien famée,
et retourne la glaise avec sa tête !

May 04, 2016

"L’immonde hisse…"


Vagues bouffées de pestilence
qui préfigurent
aux alentours la putrescence
d’un tas d’ordures.
Puis là, soudain, vautrée par terre,
cette poubelle
éventrée versant ses viscères
obscènes, telle
vomissant par sa gueule obscure
des immondices
digérées, une créature
sur des abysses
accroupie, au bord du trottoir
qui bée en face
son large et graisseux fossé noir
– où que l’on passe !

April 08, 2016

"Ras le bol…"


Ma tête inclinée déborde tel un bol la soupe emplit à ras bord.
Sur la nappe les mots versés tout autour éclaboussent.
Par terre glissent nombre d’entre eux emportés par la chute.
Précipité à les coucher pleins, trop vite ai penché le bol au vide,
partout postillonnant le fluide qui y clapotait.
Et n’obscurcissent que rares jets le blanc,
des phrases belles en ma tête si bien construites à écrire
– dont le meilleur est aux égouts !

April 02, 2016

"Ouverture prochaine…"


Quel bourdon premier
s’enivrera dès ouvert
l’aguichant périanthe ?

March 25, 2016

"Hyperthermie vernale…"

Quand des jupes aromales
Monte dans l’air immobile
L’invitation des nubiles
À l’ivresse de l’escale,

Bas dans le ciel des languides
Se rue le vol des insectes :
Raidissant pour la collecte
Leurs zélées trompes avides ;

Leurs ailes épileptiques
Mixant senteurs et soupirs
Tels des fouets électriques ;

Finissant par s’assouvir
Dans un mutisme pudique
Dérobant l’acte extatique.


December 12, 2015

November 08, 2015

"Turgescence…"



Museau dans la source
laper la pourpre au calice
enflant sous la langue.