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2017-12-07

L’ide noir…


Comme il monte des abysses pour sa moisson,
traînant dans son sillage un trouble saturnien,
lancine le ballet d’un hostile poisson
derrière le dépoli du bocal crânien.

Son silence haletant fait résonner l’angoisse
de l’asphyxie prochaine, à mesure qu’il pompe
chaque globule d’air fuyant vers la surface,
où le souffle du ressac, anémié, s’estompe.

Et lorsque enfin il redescend à son abîme,
ne demeure après lui que des eaux orphelines
– et l’âme noyée ! Dont le cadavre anonyme
avec la houle échoue au rivage du spleen !

2013-08-29

"Lignes d’oraison…"

Plante de pied absent,
tu bourgeonnes des ailes,
enfoncée dans ton pot ;
te tords au long des nuits
à grandir une route
par des lieux inconnus :
vers cette cicatrice
qui te démange au loin,
suture entre désert
et une voûte d’huile ;
où, en files indiennes,
tes noires caravanes
iront moirer au pas
un calme-plat lunaire.
Et drainer, parallèles,
tes laves méandreuses
jusqu’au point d’eau, sécher.

2013-06-02

"Le mot dit et crie…"

Dans ta couverture nuageuse
Ton sarcophage d’âme sans abri
Tu t’enroules corps transis en transit
En recherche de fissures
Où enfoncer dans la pâte noire
Avec délice tes os qui craquent

Le ciel fonte des glaces trempe
Tu tends une main lasse
Sous les aiguilles au nez qui coule
Épinglant du givre entre tes doigts gourds
Ta couvrante se met à peser
Des tonnes à te casser l’échine
À t’aplatir par terre

Tu pousses tes pieds froids
Foules déroules du sol lourd
Sans horizon
Serrant le col mouillé de ton haillon
Criblé de bouches ouvertes
Muettes à aspirer entre leurs dents
Les courants d’air malins

Et seule ta chair de poule
Dresse encore l’anémie
D’une herbe rare
Sur les toundras infécondes
Où se répands ta route
Comme une pandémie

2012-05-23

"Feux de route…"

Toujours cherche l’ombre
Qui illumine ton champ
Par deux fleurs ouvertes

2012-03-25

"Déclenche heurt…"

Où l’ombre pleut la solitude
Sur des carreaux pour horizon
Se meut en rond la lassitude
Longeant les murs de sa prison

Noire araignée mise en sa toile
Entre des mats décapités
Immobile attend qu’une étoile
S’approche et tombe à sa portée

Fantôme osseux crispant sa main
Fouille l’esprit de ses doigts durs
De souvenirs grattés carmin
Laissant à vif trop de blessures

Bouche latente au cadre mort
Ouvrant son antre tuméfié
Goûte salée des lèvres au bord
Une eau de spleen acidifiée

Instant tanné pris au fer rouge
En l’épilogue d’une pose
Quand l’âme aveugle où rien ne bouge
Peint le tableau que l’œil compose

2012-03-21

"Peine ombre…"

Des plus beaux sujets
Placés en pleine lumière
N’attire que l’ombre