July 03, 2015

"Le temps mord…"


Il n’est pas liquide
mais tu as peur de le perdre,
comme une réserve d’oxygène
comprimée, prête à fuir
quelle bouteille assez étanche
emmagasinant l’air du temps
à respirer à échéance.

Il n’est pas enjeu
mais tu cherches à le gagner,
comme de l’argent à long terme
épargné, prêt à rendre
quels intérêts assez rentables
enflant une somme d’instants
à dépenser à l’avenir.

Il n’a pas d’issue
mais tu cours après sa mort,
comme après le point final
annoncé, prêt à clore
quel agenda assez épais
prenant à la dernière page
le plus ultime rendez-vous.

Tu crois le tenir en laisse
tandis qu’il trotte à la longe en se laissant faire
au fond d’étroits manèges sous verre.
Et tu voudrais bien remonter
le mouvement perpétuel de son balancier fatal
sans fin repoussé à tour de rôle
entre les deux pôles d’un nouveau paradoxe.
Mais chaque aller-retour te convoque et dépense et respire,
et te berce de son illusion.

Le temps est un troupeau sauvage
qui n’en finit pas de migrer :
sans jamais souffler, interminable, il passe
– et ses sabots te piétinent !
Sur l’immense plaine devant lui,
seuls des brins d’herbe qui dépassent,
que broutera bientôt la harde,
sans même infléchir sa course
– jusqu’à la racine !

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