September 27, 2016

"Envolées plumes, feuilles mourantes…"

Terme de l’été. Novice oiseau est mué. Jetée sa terne et hirsute barboteuse ! Il arbore désormais un tout neuf bel habit dont fièrement déploie la cape irisée – magnifique ! Est temps pour lui de quitter la feuillée : au bord du nid se percher, saisir le bras du vent, faire le grand plongeon. Quand de sa branche il se détache, embarque l’oiseau sur le vol inaugural de sa ligne exclusive : volée première d’un périple hasardeux jusqu’aux confins de sa vie ; pour cette belle saison qui l’a vu naître, début de l’agonie. Temps de l’inexorable étiolement des limbes, dorénavant superflus ; des feuilles surannées qui n’ont plus rien à perdre et chaque jour osent l’outrance davantage de folles tenues, plus excentriques, plus consumées toujours d’incarnats incendiaires, d’ocres brûlantes, d’ardentes mordorures : voulant chacune rivaliser avec la mise flamboyante du jeune oiseau qu’elle couvait naguère, quand sera venue l’heure à son tour de voyager, lui ressembler assez pour pouvoir le rejoindre. Mais tandis que l’oiseau enchaîne les escales, lorsque cède la feuille aux assauts du vent et de sa branche s’élance, elle n’entreprend qu’un direct aller simple qui la déposera au terminus de son bref périple !