November 09, 2014

"Jeune et pâle temps…"

Le temps t’aliène à son errance vers demain,
à sens unique, aucun arrêt, par un chemin
dont il hasarde le tracé au gré du vent
de dos qui t’agrippe et te propulse en avant ;
à jamais confiné sur le fil d’un couteau
dans le présent infra-mince, dont le biseau
creuse le futur, évacuant le passé.
Derrière toi s’enfuient les fourches dépassées.
Devant, la route est invisible. En plein brouillard
tu fonces à tombeau ouvert dans un corbillard
tous feux éteints. Dans ton rétroviseur voyage
le tunnel perçant la brume dans ton sillage,
s’effondrant vite à mesure que tu avances ;
tout au bout, les parages perdent leur substance,
se dissolvent dans l’oubli. Quand ton pare-brise
ne montre qu’écran de fumée, où la surprise
guette de l’obstacle dû et toujours brutal,
depuis longtemps dressé à mettre un point fatal
à ta course folle, à cette interrogation
ultime et pétrifiante comme une obsession,
face à l’inconnu de l’échéance en attente :
est-elle encore à venir, déjà imminente ?

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